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Jusqu'où aller dans la modélisation de l'activité économique ?

Parfois, lorsque nous travaillons sur les business plans, certains clients s'étonnent de me voir aller dans ce qu'ils qualifient de "trop de détails". D'où cette question :

"Jusqu'où aller dans la modélisation de l'activité économique ?"

Voici quelques principes généraux qui demandent à s'adapter à chaque entreprise ou projet.
1.     Structurer les éléments qui décrivent la réalité. Surtout choisir ce que l'on sait mesurer précisément dans la réalité opérationnelle de la vie de l'entreprise.
a.      Car cela permet de baser les hypothèses sur ce qui s'est vraiment passé dans les périodes précédentes
b.     cela permet par la suite d'avoir des bases de comparaison lorsque l'on analysera les résultats dans les tableaux de bord

2.     Différencier les éléments qui ont des business model spécifiques (taux de marge, investissement dédié, marché…)

3.     Travailler au mois même sur 5 ans

4.     Cela permet de répondre facilement à d'autres questions qui finissent par arriver.

Alors n'hésitez pas à décortiquer chaque élément, ça vous simplifiera la vie !

Faire des prévisions ou Savoir où on en est ?

En matière de pilotage économique à court terme, avant de faire des prévisions / budget / business plan, il est parfois plus judicieux de travailler à savoir précisément où on en est ?

Au moins, la réalité, on peut la connaitre, l'observer, la mesurer, elle est  là sous la main. Il suffit de se pencher sur les outils de gestion et d'en extraire les données qui permettront d'avoir une photo 
précise de la situation, voire un film de son évolution.

Sénèque

"Il n'est de vents favorables à qui ne sait où il veut aller".

Sénèque.
voir aussi : l'esprit du Dahu

Budget, prévisions, objectifs – quelles différences ?

Voici 3 mots qui renvoient à l'anticipation du futur.

  1.  La notion de "prévision" recouvre ce que l'on pense qui va se passer ou ce que l'on pense que l'on va réaliser. Par exemple, avec un client commerçant, nous faisons des prévisions de ventes quotidiennes. Nous utilisons les données de l'expérience, de l'historique, de la politique commerciale ou de communication pour estimer au plus juste ce que nous pensons que seront les niveaux de ventes. 
  2.  La notion d'"objectif" recouvre ce que l'on voudrait atteindre. Il se doit d'être à la fois motivant et réaliste : un challenge atteignable. Pour reprendre l'exemple précédent, ils nous arrivent de modifier des prévisions un peu trop sages pour les gonfler et en faire des objectifs qui fédèrent et dynamisent les équipes. 
  3. Le "budget", quant à lui, est le résultat d'une démarche globale qui a permis de valider les grands équilibres économiques et financiers de l'entreprise. On sait que si les ventes budgétées sont atteintes et que si les dépenses sont contenues dans le "budget" alloué, alors la rentabilité sera assurée.

Gérer les composants et les composés

La problématique composants - composés concerne:
  • les entreprises qui vendent des produits qui ne sont pas achetés en l'état, par exemple : un restaurant qui approvisionne des boissons et vend des cocktails, une brasserie qui achète du malt, du sucre, du houblon... pour faire de la bière
  • les commerces qui vendent un lot composés de plusieurs composants comme les épiceries fines qui préparent des paniers de Noël : une bouteille de vin, un bloc de foie gras, des fruits confits...
  • les petites industries qui mélangent plusieurs matières premières pour faire un produit fini comme les créateurs de bougie qui achètent de la cire, des mèches, des colorants, des parfums et un bel emballage qui disparaissent dans la bougie finale. 
La difficulté est de naviguer entre des prévisions de vente des produits composés et des besoins en composants en tenant compte des délais de livraison des fournisseurs, des minimums de livraison et francos de port, des péremptions des produits....

Dans ce contexte un petit utilitaire de gestion de production peut s'avérer très utile.


zéro stock ?                 un bon stock
le rendement d'un atelier                      prévisions de ventes

Le dirigeant travaille pour le moyen terme

La fonction du dirigeant est de faire en sorte que les conditions soient propices à la réalisation des chiffres de demain. S'il a un vendeur, c'est au vendeur d'assurer les chiffres d'aujourd'hui et c'est au patron de faire le nécessaire pour que ce vendeur puisse travailler correctement demain. Cela implique d'avoir :
  1. des moyens de contrôle efficaces, c'est-à-dire précis et rapides, pour être sûr que le vendeur fait bien son boulot aujourd'hui
  2. une vision de son entreprise à moyen terme pour mettre en place ce qui doit l'être.

Il doit être visionnaire.

Pourquoi faire un budget ?

Souvent les gens me disent : "Ça ne sert à rien de faire un budget, il est toujours faux !".

Evidemment qu'il est faux !

Car son objectif premier d'un budget n'est pas de faire un exercice de "devin" qui se vérifierait par la suite. Son intérêt réside dans la validation des équilibres économiques et financiers qui découlent des diverses hypothèses.

Par exemple : changement de matériels, remplacement d'une personne qui part à la retraite, démarrage d'un nouveau client, installation d'un concurrent, hausse du prix des matières premières, nouvelles réglementations…

Le budget permet de voir si tout ça est cohérent ou pas et donc d'affiner la stratégie.


Comment faire des prévisions de ventes quotidiennes ?

Faire des prévisions quotidiennes est un exercice qui mêle :
  • le passé pour l'expérience que cela apporte
  • les objectifs pour la projection dans le futur
Pour l'expérience : particularités de chacun des jours de la semaine. Et particularités de chacune des semaines dans le mois. Et particularités de chacun des mois dans l'année.

Pour la projection : impacts d'événements extérieurs (baisse ou augmentation pendant le Festival de Cannes...) ou événements propres (campagnes de publicité, nouvelles gammes de produits...)


Le mieux est de prévoir chaque jour par rapport à un jour standard et de ramener le tout au mois pour voir si c'est cohérent.

voir aussi : gérer c'est prévoir 

Gérer, c'est prévoir – Bons résultats

Il y a des entreprises qui ont fait de bons, voire de très bons résultats.

Certes, ne boudons pas notre plaisir; c'est mieux que des pertes.

Mais, c'est quand même dommage, car de bons résultats cela se traduit par des impôts importants.

Et pourtant, si ces bons résultats avaient été prévus, anticipés, ils auraient pu être utilisés pour réaliser des projets structurant consolidant l'entreprise pour l'avenir :

  • formation, 
  • études de nouveaux projets, 
  • mise en place d'outils administratifs ou industriels plus performants, 
  • entretien préventif des matériels, 
  • campagnes de communication, 
  • rénovations, 
  • séminaires… 
Et, si on s'organise bien, il assez facile en cours d'année de prévoir quel sera le niveau de résultat en fin d'année.
voir aussi : le bilan 2008